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La LSPS, nouvelle voie d'accès aux filières MMOPK : ce qui change pour les candidats
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La LSPS, nouvelle voie d'accès aux filières MMOPK : ce qui change pour les candidats

Victoire• 30/09/2026 14:23• 7 min de lecture

Le 17 avril 2026, les ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé ont officialisé la fin du système PASS / LAS. Une voie unique lui succède à partir de la rentrée 2027, pour l'ensemble des filières MMOPK : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie.

Cette voie est couramment appelée LSPS, pour Licence sciences pour la santé. Les projets de textes réglementaires emploient plutôt l'appellation « licence portail santé ». Les deux désignent la même chose, et le vocabulaire devrait se stabiliser dans les mois qui viennent.

Voici ce que ce changement modifie concrètement pour les candidats.

Ce qu'est la LSPS

La nouvelle première année est une licence structurée en trois blocs d'enseignement, pour un total de 60 crédits ECTS sur l'année.

  • Un bloc sciences de la santé (24 à 30 ECTS) : les fondamentaux médicaux — biologie, biochimie, physiologie, anatomie, biophysique.
  • Un bloc disciplinaire (24 à 30 ECTS) : les enseignements d'une licence contributive, qui peut être scientifique ou non — biologie, droit, sciences humaines, soins infirmiers, selon les universités.
  • Un bloc transversal (6 à 12 ECTS) : compétences psycho-sociales, communication, éthique, méthodologie, anglais, projet professionnel.

L'architecture reprend la logique de la LAS — une part santé et une part disciplinaire — mais elle l'harmonise au niveau national, là où le système actuel laissait chaque université construire ses propres parcours.

Un format qui existe déjà, et sur lequel on a du recul

Un point rassurant pour les familles : la LSPS n'est pas un format inconnu. Plusieurs universités la pratiquent déjà. L'Université Paris-Est Créteil et l'Université Sorbonne Paris Nord proposent ce parcours, et l'Université de Versailles Saint-Quentin a supprimé son PASS et ses LAS dès la rentrée 2026 au profit d'un parcours unique en LSPS.

On sait donc déjà ce que ce format demande : une double charge à mener de front, un bloc santé exigeant, et une discipline d'appui à ne pas négliger puisqu'elle conditionne la suite.

Les accompagnements existent aussi sur ce format dans les universités concernées — tutorat universitaire, groupes de travail, préparations privées. En Île-de-France, la prépa LSPS d'Antémed Epsilon est par exemple organisée par université de rattachement, ce qui reste le critère à vérifier en priorité : les programmes et les modalités d'évaluation diffèrent d'un établissement à l'autre, y compris dans un cadre national harmonisé.

Ce que la réforme cherche à corriger

Le constat qui a motivé cette évolution est documenté : le dispositif de 2020 a atteint ses objectifs quantitatifs, mais au prix d'une complexité devenue difficilement lisible. Dans certaines académies, un lycéen pouvait avoir à arbitrer entre plus d'une centaine de parcours différents.

L'objectif affiché est donc double : simplifier la lecture pour les familles, et garantir davantage d'équité entre candidats d'universités différentes.

Ce qui change pour un candidat

Le choix PASS ou LAS disparaît. C'était le premier arbitrage des lycéens, et il pesait lourd. Il n'y aura plus qu'une porte d'entrée, avec une discipline d'appui à choisir à l'intérieur.

Le plan B est intégré par construction. Le bloc disciplinaire appartient à une licence complète. Un étudiant non admis en filière santé poursuit dans cette licence, sans repartir de zéro. C'est la principale correction apportée au PASS, où l'échec conduisait plus souvent à une impasse.

La sélection s'étale. Des paliers d'accès aux filières MMOPK sont prévus en première, deuxième et troisième année de licence, et non plus concentrés sur la seule première année. En cas d'échec à la première tentative, l'étudiant poursuit en deuxième année de licence pour se représenter.

Le choix de la discipline d'appui devient le vrai arbitrage. Il détermine à la fois le contenu de l'année et la trajectoire en cas de non-admission. Ce choix mérite le même soin que celui de la licence en LAS aujourd'hui.

Ce qui ne change pas

Trois éléments restent identiques, et il est utile de le dire clairement.

Le niveau d'exigence des études médicales est maintenu. La réforme réorganise l'accès, elle n'allège pas le contenu.

Les capacités d'accueil continuent d'être déterminées localement, en lien avec les besoins de santé des territoires. Les taux d'admission resteront donc variables d'une université à l'autre.

Le rythme de travail attendu en première année reste celui d'une année sélective. Le passage d'un rythme de lycée à un rythme universitaire autonome demeure la principale difficulté rencontrée par les étudiants.

Un calendrier à surveiller

La réforme est prévue pour la rentrée 2027. Une réserve mérite d'être connue : la conférence des doyennes et doyens de médecine a publiquement demandé un report à 2028, jugeant le calendrier trop serré. À ce stade, l'échéance de 2027 reste celle retenue par les pouvoirs publics.

Concrètement, cela dessine trois situations :

  • Les étudiants entrés en première année en 2026 relèvent du système PASS / LAS actuel, sauf dans les universités déjà passées à la LSPS.
  • Les lycéens qui passent le baccalauréat en 2027 seraient la première promotion nationale concernée.
  • Les élèves actuellement en seconde et en première entreront pleinement dans le nouveau dispositif.

Ce qu'il faut retenir

La réforme supprime un arbitrage difficile — PASS ou LAS — et sécurise le parcours des étudiants non admis. Elle ne réduit ni la sélectivité, ni la charge de travail.

Pour un lycéen qui vise les filières de santé, la conduite à tenir ne change donc pas : consolider ses bases scientifiques, construire une méthode de travail solide, et vérifier chaque année les modalités publiées par les universités visées. Les textes d'application préciseront les détails dans les mois à venir — c'est là qu'il faudra aller chercher l'information, plutôt que dans ce qui se dit dans les forums.

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